Une hausse de loyer de 40 $, un renouvellement hypothécaire plus coûteux, puis les dépenses qu’on oublie quand on devient propriétaire : en 2026, le logement pèse lourd dans le budget. Cet épisode de Balado ÉDI aide à comparer location et achat, à prévoir les coûts réels d’une maison et à se préparer avant de déménager ou de renouveler.
Une enveloppe arrive. À l’intérieur, le renouvellement du bail. Le loyer augmente encore de 40 $ par mois. Pris séparément, le montant peut sembler gérable. Mais lorsqu’il s’ajoute à l’épicerie, au transport, aux assurances et à toutes les autres dépenses du ménage, le calcul commence à être moins sympathique.
Du côté des propriétaires, la surprise peut être encore plus importante. Plusieurs personnes qui ont obtenu une hypothèque à très faible taux pendant la pandémie arrivent maintenant au renouvellement. Le paiement qui était confortable il y a quelques années peut soudainement prendre beaucoup plus de place dans le budget.
C’est exactement le point de départ de cet épisode de Balado ÉDI, avec l’économiste et consultant en finances Roland Bristomont. Louer ou acheter? Rester dans son appartement malgré une hausse? Comment prévoir les coûts d’une maison au Québec? La discussion ramène surtout une idée utile : avant de décider, il faut regarder le coût réel du logement, pas seulement le chiffre le plus visible sur le contrat.
Louer ou acheter : il n’y a pas une seule bonne réponse
Acheter une maison est parfois présenté comme l’étape logique après quelques années de location. Dans l’épisode, Roland remet justement cette idée en perspective : certaines personnes sont très bien en location, alors que d’autres souhaitent devenir propriétaires pour répondre à leurs besoins familiaux ou préparer un projet à plus long terme.
Pour une personne nouvellement arrivée au Québec, la question peut se poser assez rapidement. Une famille nombreuse aura peut-être besoin de plus d’espace. Une autre personne préférera conserver la souplesse de la location pendant qu’elle découvre une nouvelle ville, stabilise son emploi ou construit son historique financier.
Le meilleur choix dépend donc moins d’une règle générale que de votre situation :
la taille du ménage et l’espace nécessaire;
la stabilité du revenu;
le montant disponible pour l’achat et les dépenses qui suivent;
le désir de rester plusieurs années au même endroit;
la capacité à assumer les réparations et l’entretien;
la marge de manoeuvre disponible dans le budget.
Acheter uniquement parce que « tout le monde dit qu’il faut devenir propriétaire » peut être aussi risqué que louer éternellement sans jamais refaire ses calculs. Le logement doit servir votre vie, pas l’inverse.
Avant de quitter un logement, faites les calculs deux fois
Dans l’épisode, l’augmentation de 40 $ reçue au renouvellement du bail devient un exemple très concret. La première réaction peut être de commencer immédiatement à chercher ailleurs.
Mais déménager parce que le loyer augmente ne garantit pas que le prochain appartement coûtera moins cher.
Le réflexe proposé est simple : magasiner et comparer avant de donner son départ. Regardez des logements comparables dans votre secteur, mais aussi dans les quartiers où vous pourriez réellement vivre. Tenez compte du transport, de la superficie, des services inclus et des dépenses liées au déménagement.
Un appartement moins cher qui ajoute deux déplacements quotidiens en voiture ou qui exige de payer séparément plusieurs services n’est pas nécessairement une économie.
Autre point important en 2026 : recevoir un avis d’augmentation de loyer ne signifie pas automatiquement qu’il faut accepter l’augmentation ou quitter le logement. Au Québec, des règles précises encadrent le renouvellement du bail. Le Tribunal administratif du logement indique notamment qu’un locataire peut, dans certaines situations, refuser une modification tout en souhaitant demeurer dans le logement. Les délais de réponse doivent cependant être respectés.
Balado ÉDI répertorie d’ailleurs une fiche sur le Tribunal administratif du logement pour les personnes qui veulent mieux comprendre les recours et les règles entourant la location.
Pour un accompagnement plus pratique concernant un bail ou un conflit lié au logement, la fiche LogisAction présente également une ressource d’aide recensée par Balado ÉDI.
Renouvellement hypothécaire en 2026 : quand le faible taux arrive à échéance
Le renouvellement hypothécaire constitue l’un des moments forts de l’épisode.
Roland se rappelle des emprunteurs qui avaient signé pendant la pandémie à des taux avoisinant parfois 2 %. Quelques années plus tard, le contexte n’est plus le même. Lorsqu’un terme se termine, l’hypothèque doit être renouvelée aux conditions disponibles à ce moment-là.
Et c’est là qu’un paiement peut changer sensiblement.
Cette préoccupation exprimée dans le balado correspond à une réalité observée à l’échelle canadienne. En 2026, les derniers détenteurs d’hypothèques à taux fixe de cinq ans contractées durant la période de très faibles taux de la pandémie arrivent progressivement au renouvellement.
Cela ne veut pas dire qu’il faut attendre la lettre de renouvellement en espérant une bonne surprise.
L’idée défendue dans l’épisode est plutôt de planifier avant l’échéance. Si vous savez que votre hypothèque sera renouvelée prochainement, faites une simulation avec un paiement plus élevé. Regardez ce qui arriverait à votre budget si quelques centaines de dollars supplémentaires devaient être consacrés au logement.
Il faut aussi éviter de confondre le taux directeur de la Banque du Canada avec le taux hypothécaire offert par une institution financière. Les taux hypothécaires varient selon le produit, le terme, le prêteur, le dossier de l’emprunteur et plusieurs autres facteurs.
Autrement dit, le taux directeur est un indicateur économique. Ce n’est pas le chiffre à copier directement dans votre calculatrice pour estimer votre prochaine hypothèque.
Le paiement hypothécaire n’est que le début de la facture
C’est probablement l’une des parties les plus parlantes de l’épisode.
Quand on imagine le coût d’une maison, on pense d’abord à l’hypothèque. Pourtant, une fois les clés en main, toute une petite armée de dépenses commence à se présenter à la porte.
Au Québec, l’hiver ajoute même quelques personnages à cette armée.
Suzie et Marie-Ève évoquent notamment l’abri d’auto temporaire, la souffleuse ou encore le contrat de déneigement. À cela s’ajoutent le chauffage, l’électricité, l’entretien extérieur et les réparations.
Puis viennent les dépenses moins prévisibles.
Une plomberie qui brise. Une infiltration d’eau. Un plancher endommagé. Une toiture à refaire. Des fenêtres arrivées à la fin de leur vie utile.
Le problème n’est donc pas seulement de savoir si vous êtes capable de payer la maison aujourd’hui. Il faut aussi pouvoir conserver une marge pour continuer à l’entretenir demain.
Pour quelqu’un qui vient d’arriver au Québec, certains de ces coûts peuvent être nouveaux. Dans un appartement, plusieurs travaux relèvent généralement du propriétaire. Dans une maison, le propriétaire occupant devient aussi, en quelque sorte, le service d’entretien, le responsable des urgences et parfois le préposé au déneigement à 6 h du matin.
Le conseil pratique à retenir : lorsque vous comparez location et propriété, ne mettez pas simplement loyer d’un côté et hypothèque de l’autre. Ajoutez toutes les dépenses qui accompagnent réellement chaque option.
Une maison peut être un projet à long terme, pas une promesse de profit
Roland insiste aussi sur une autre dimension de la propriété : la maison peut devenir un actif qui s’inscrit dans une planification à long terme.
Il raconte notamment le cas d’une personne ayant construit une maison pour environ 155 000 $ et l’ayant éventuellement revendue beaucoup plus cher. L’exemple illustre l’idée qu’un bien immobilier peut prendre de la valeur avec le temps.
Mais cet exemple ne doit pas devenir une formule magique.
Une propriété peut prendre de la valeur, mais ce n’est pas garanti. Son rendement dépend notamment du marché, de son emplacement, de son état, du prix payé et des sommes investies au fil des années. La fiscalité varie également selon la situation de chaque propriétaire.
La façon la plus prudente de reprendre l’idée de l’épisode est donc de voir la propriété comme un projet de long terme plutôt qu’un billet de loterie immobilier.
Vous payez pour vous loger, certes, mais vous construisez aussi un actif. En contrepartie, vous assumez des coûts et des responsabilités que le locataire n’a pas nécessairement à prendre en charge.
Pour les personnes qui cherchent des programmes ou de l’information reliée à l’habitation, Balado ÉDI propose aussi une fiche consacrée à la Société d’habitation du Québec.
Le meilleur antidote au stress : savoir ce que votre logement coûte vraiment
L’épisode revient plusieurs fois sur le stress financier. Une hausse de loyer, un renouvellement hypothécaire ou une réparation imprévue peuvent rapidement devenir anxiogènes lorsque le budget est déjà serré.
La solution proposée n’a rien de spectaculaire : s’asseoir et planifier.
Commencez par réunir les dépenses liées au logement sur une même page. Pour un locataire, cela peut comprendre le loyer, l’électricité, l’assurance habitation, le stationnement et le transport associé à l’emplacement.
Pour un propriétaire, ajoutez notamment l’hypothèque, les taxes, les assurances, l’énergie, l’entretien, le déneigement et une réserve destinée aux réparations.
Cette vue d’ensemble permet de répondre à une question beaucoup plus utile que « Quel logement puis-je payer? » :
Quel logement puis-je payer sans que chaque imprévu devienne une urgence financière?
Si le budget est déjà difficile à équilibrer, la fiche de l’ACEF de Québec répertoriée par Balado ÉDI présente des services de consultation budgétaire et d’éducation financière dans la région de Québec et de Portneuf.
Louer ou acheter : la vraie question est celle de votre marge de manoeuvre
Au fond, l’épisode ne cherche pas à déclarer un gagnant entre le locataire et le propriétaire.
La location peut offrir de la souplesse et transférer une partie des responsabilités d’entretien au propriétaire. L’achat peut permettre de construire un actif à long terme, mais demande davantage de capital, de planification et de capacité à absorber les imprévus.
Dans les deux cas, le danger apparaît lorsqu’on regarde seulement le paiement du mois prochain.
Un renouvellement de bail mérite d’être comparé au marché avant de déménager. Un renouvellement hypothécaire mérite d’être préparé avant l’échéance. Et l’achat d’une maison mérite un budget qui contient autre chose que le prix d’achat et le paiement hypothécaire.
Le logement restera probablement l’une des plus grandes dépenses d’un ménage. Mieux le comprendre permet au moins d’éviter que chaque lettre dans la boîte aux lettres ressemble à un petit film d’horreur financier.
Pour entendre les exemples, les échanges et les nuances de Roland, Marie-Ève et Suzie, écoutez l’épisode complet de Balado ÉDI S2E4.
Questions fréquentes sur la location et l’achat d’un logement en 2026
Vaut-il mieux louer ou acheter au Québec en 2026?
Il n’y a pas de réponse universelle. Le choix dépend notamment du budget, de la stabilité financière, de la taille du ménage, du temps prévu dans le logement et de votre capacité à prendre en charge les dépenses et l’entretien d’une propriété.
Que faire si mon propriétaire augmente mon loyer?
Avant de répondre, vérifiez les règles et les délais applicables à votre situation. Au Québec, un locataire peut avoir différentes options lors d’un avis de modification du bail. Le Tribunal administratif du logement demeure la référence officielle pour vérifier les règles en vigueur.
Pourquoi certains renouvellements hypothécaires coûtent-ils plus cher en 2026?
Certains propriétaires renouvellent des hypothèques obtenues ou renouvelées pendant la période de très faibles taux de la pandémie. Un nouveau taux plus élevé peut augmenter le paiement requis au renouvellement.
Quels coûts faut-il prévoir en plus de l’hypothèque?
L’épisode rappelle notamment l’électricité, le chauffage, l’entretien, le déneigement et les réparations. Une toiture, des fenêtres ou un dégât d’eau peuvent aussi représenter des dépenses importantes.
Une maison prend-elle toujours de la valeur?
Non. Une propriété peut prendre de la valeur avec le temps, mais ce résultat n’est jamais garanti. Le marché, l’emplacement, le prix payé et l’état du bâtiment influencent sa valeur future.
À retenir
Ne quittez pas un logement uniquement à cause d’une hausse sans avoir comparé les solutions réellement disponibles.
Préparez un renouvellement hypothécaire avant son échéance et testez votre budget avec un paiement plus élevé.
Pour comparer louer et acheter, regardez le coût total du logement, pas uniquement le loyer ou l’hypothèque.
Une maison entraîne des dépenses d’entretien, de chauffage, de déneigement et de réparation qu’il faut prévoir.
La propriété peut faire partie d’une stratégie à long terme, mais sa valeur future n’est jamais garantie.
En cas de doute sur une hausse de loyer ou une décision financière importante, utilisez des ressources compétentes plutôt que de vous fier uniquement aux expériences de votre entourage.
Le saviez-vous?
L’abri Tempo mentionné dans l’épisode est un type d’abri d’auto temporaire très familier dans le paysage hivernal québécois. On l’installe généralement pour protéger une voiture et faciliter le déneigement pendant la saison froide.
C’est un bon exemple de ces dépenses auxquelles on ne pense pas nécessairement avant de devenir propriétaire au Québec.