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ÉDI-S2E3 | CELI ou REER : lequel choisir selon votre situation?
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ÉDI-S2E3 | CELI ou REER : lequel choisir selon votre situation?

Résumé court affiché dans les listes : CELI, REER, droits de cotisation, retraits, impôt… pas toujours facile de s’y retrouver quand on découvre le système financier canadien. Cet épisode de Balado ÉDI démêle les deux grands outils d’épargne et montre pourquoi le meilleur choix dépend surtout de vos revenus, de vos projets et de votre situation.

Votre frigo a 23 ans. Il tient encore debout, mais chaque petit bruit suspect vous fait regarder votre compte bancaire avec inquiétude. Vous avez réussi à mettre quelques milliers de dollars de côté et une question se pose : où placer cet argent? Dans un CELI? Dans un REER? Et surtout, pourrez-vous le récupérer si le fameux frigo décide finalement de rendre l’âme?

Derrière cette anecdote amusante racontée dans l’épisode se cache une vraie question de finances personnelles. Lorsqu’on arrive au Québec, les acronymes s’accumulent rapidement : CELI, REER, FERR, fonds de pension… On peut vite avoir l’impression qu’il faudrait un dictionnaire juste pour ouvrir un compte d’épargne.

Dans cet épisode de Balado ÉDI, Roland Brice Tsomogne accompagne Marie-Ève Thivierge et Suzie Bouchard pour démêler deux outils très courants au Canada : le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) et le régime enregistré d’épargne-retraite (REER).

L’objectif n’est pas de déclarer un gagnant. CELI ou REER? La meilleure réponse est souvent : ça dépend de ce que vous voulez faire avec votre argent.

Le CELI : beaucoup plus qu’un compte où laisser dormir son argent

Le nom peut porter à confusion. Un compte d’épargne libre d’impôt n’est pas nécessairement un simple compte d’épargne semblable à celui où l’on garde l’argent du loyer ou de l’épicerie.

Le CELI est plutôt une enveloppe dans laquelle différents placements admissibles peuvent être détenus. Selon l’institution et le type de CELI choisi, l’argent peut donc être placé de différentes façons, avec un niveau de risque adapté à vos besoins.

C’est l’image utilisée dans l’épisode : le CELI est un véhicule. Ensuite, il faut choisir ce qu’on met dans ce véhicule.

Cette distinction est importante. Une personne peut vouloir garder une partie de son CELI dans quelque chose de très prudent pour un projet à court terme et investir une autre partie avec un horizon beaucoup plus long.

L’exemple du frigo revient justement à ce moment-là. Si vous avez 3 000 $ d’épargne, vous pourriez vouloir conserver une portion facilement accessible pour les imprévus et placer une autre portion différemment. Le choix du placement dépend alors du moment où vous pensez avoir besoin de cet argent et du risque que vous êtes prêt à accepter.

L’un des grands avantages demeure le traitement fiscal : les revenus et gains réalisés dans le CELI ne sont généralement pas imposables lorsqu’ils sont retirés. Autrement dit, si vos placements prennent de la valeur à l’intérieur du compte, cette croissance ne vient pas gruger vos droits de cotisation.

Nouveau au Canada? Votre espace CELI ne remonte pas automatiquement à 2009

Voilà une nuance particulièrement importante pour le public de Balado ÉDI.

Le CELI existe depuis 2009, mais cela ne signifie pas qu’une personne qui vient d’arriver au Canada reçoit automatiquement tous les droits de cotisation accumulés depuis la création du programme.

Pour une personne nouvellement résidente du Canada, les droits commencent à s’accumuler à partir de l’année où elle devient résidente, pourvu qu’elle ait au moins 18 ans. L’Agence du revenu du Canada donne d’ailleurs l’exemple d’une personne de 40 ans arrivée au pays en 2024 : elle ne peut pas réclamer rétroactivement l’espace CELI des années où elle ne résidait pas au Canada.

C’est un détail qui peut éviter une erreur coûteuse.

Pour 2026, le plafond annuel du CELI est de 7 000 $. Les droits inutilisés des années précédentes peuvent généralement être reportés, mais votre espace personnel dépend notamment de vos années d’admissibilité, de vos cotisations et de vos retraits.

Vous pouvez aussi avoir plus d’un CELI, même dans différentes institutions financières. Cela ne multiplie toutefois pas vos droits de cotisation : tous les comptes partagent le même espace disponible.

Pour vérifier votre situation fiscale et vos droits, Balado ÉDI répertorie notamment l’[Agence du revenu du Canada] Agence du revenu du Canada sur Balado ÉDI parmi ses ressources utiles.

Retirer son CELI, oui. Le remettre immédiatement, pas toujours

C’est probablement l’un des passages les plus utiles de l’épisode.

Vous pouvez généralement retirer de l’argent de votre CELI lorsque vous en avez besoin. Le problème survient parfois au moment de vouloir le remettre.

Imaginez que votre CELI est maximisé. Vous retirez 7 000 $ en juin pour une dépense imprévue. Ce retrait ne vous redonne pas immédiatement 7 000 $ de droits de cotisation. Le montant retiré sera ajouté à vos droits le 1er janvier de l’année suivante.

Si vous remettez l’argent pendant la même année alors que vous n’avez plus d’espace disponible, vous pourriez vous retrouver en situation de cotisation excédentaire. L’ARC impose normalement les cotisations CELI excédentaires à raison de 1 % par mois tant que l’excédent demeure dans le compte.

Par contre, si vous aviez encore suffisamment de droits inutilisés, vous pourriez cotiser de nouveau pendant l’année dans la limite de cet espace restant.

C’est pourquoi l’exemple du frigo fonctionne si bien.

Si vous avez beaucoup de droits inutilisés, retirer 1 500 $ pour remplacer un électroménager puis cotiser de nouveau plus tard peut être possible. Mais ce n’est pas le retrait lui-même qui vous redonne automatiquement cet espace pendant l’année.

Moralité : avant de faire le mouvement « je retire, puis je remets », vérifiez vos droits disponibles.

Le REER : épargner aujourd’hui en reportant l’impôt

Le REER fonctionne avec une logique différente.

Son objectif principal est l’épargne-retraite. Une cotisation admissible peut être déduite de votre revenu imposable. Cela peut donc réduire l’impôt à payer pour l’année où la déduction est demandée.

Prenons une version simplifiée de l’exemple présenté dans l’épisode. Une personne gagne 75 000 $ et verse 15 000 $ dans son REER. Si elle dispose des droits nécessaires et demande la totalité de la déduction, son revenu imposable pourrait être réduit en conséquence.

Attention toutefois à une expression souvent entendue : « cotiser à son REER donne un remboursement d’impôt ».

Ce n’est pas un chèque-cadeau automatique du gouvernement. La cotisation réduit plutôt le revenu imposable. Selon les retenues déjà effectuées sur votre paie, vos autres revenus, vos crédits et votre situation fiscale, cette réduction peut entraîner un remboursement ou simplement diminuer le solde d’impôt à payer.

Pour comprendre les services fiscaux provinciaux au Québec, vous pouvez aussi consulter la fiche [Revenu Québec] Revenu Québec sur Balado ÉDI du répertoire Balado ÉDI.

CELI ou REER : votre revenu change beaucoup la réponse

L’épisode insiste sur une idée essentielle : le REER n’offre pas le même avantage immédiat à tout le monde.

Pourquoi? Parce que la valeur d’une déduction fiscale dépend notamment du revenu auquel elle s’applique.

Une personne dont le revenu imposable est relativement élevé peut trouver très intéressant de déduire une cotisation REER aujourd’hui, surtout si elle prévoit avoir un revenu imposable plus faible au moment de retirer cet argent à la retraite.

Pour une personne ayant actuellement un revenu plus modeste, le calcul peut être différent. Le CELI peut alors être particulièrement intéressant puisqu’il permet de faire croître l’épargne à l’abri de l’impôt tout en gardant davantage de souplesse pour les retraits.

Cela ne signifie pas que « le CELI est pour les petits revenus et le REER pour les gros revenus ». La réalité est plus nuancée.

Il faut notamment tenir compte :

  • du revenu actuel;

  • du revenu prévu dans les prochaines années;

  • de l’épargne déjà accumulée;

  • de la présence ou non d’un régime de retraite au travail;

  • du besoin d’avoir accès à l’argent;

  • de l’objectif poursuivi;

  • de la situation familiale et fiscale.

Deux personnes ayant exactement le même salaire pourraient donc faire des choix différents.

Pour quelqu’un qui commence à organiser ses finances au Québec et souhaite obtenir de l’aide avec son budget, la fiche de l’[ACEF de Québec] ACEF de Québec sur Balado ÉDI présente notamment des services de consultation budgétaire et d’éducation financière.

Le test du frigo : avez-vous besoin de cet argent avant la retraite?

Revenons à notre pauvre électroménager.

Vous avez une dépense imprévue et l’argent se trouve dans votre CELI? Un retrait peut généralement être effectué sans que le montant retiré devienne un revenu imposable.

Dans un REER, la situation est différente.

Vous avez le droit de retirer de l’argent d’un REER avant la retraite. Ce n’est donc pas un coffre-fort verrouillé jusqu’à 65 ou 71 ans. Mais un retrait REER est généralement imposable et l’institution financière retient habituellement une partie de l’impôt au moment du retrait. Le montant retiré doit ensuite être déclaré comme revenu, et la retenue effectuée peut être inférieure à l’impôt réellement dû.

En plus, contrairement au CELI, l’espace de cotisation REER utilisé n’est généralement pas récupéré simplement parce que vous avez retiré l’argent.

Voilà pourquoi utiliser son REER pour une dépense courante peut être une opération peu avantageuse.

Le petit test mental proposé par l’épisode devient donc très pratique :

Cet argent pourrait-il servir à remplacer mon frigo, financer un voyage ou couvrir une dépense imprévue?

Si oui, l’accessibilité des fonds mérite une place importante dans votre réflexion.

Cet argent est-il réellement destiné à plusieurs années d’épargne en vue de la retraite?

Le REER peut alors prendre davantage de sens, selon votre situation fiscale.

Il existe aussi des programmes particuliers permettant certains retraits d’un REER, notamment pour l’achat d’une première propriété ou pour certaines études, sous réserve de leurs règles respectives. Ils constituent toutefois des cas distincts d’un retrait ordinaire.

Fonds de pension au travail : regardez avant de cotiser à l’aveugle

Un autre point soulevé dans l’épisode concerne les personnes qui ont déjà un régime de retraite avec leur employeur.

Un régime de pension d’employeur n’est pas simplement un autre REER. Il peut toutefois avoir une incidence directe sur votre espace REER par l’intermédiaire du facteur d’équivalence.

Autrement dit, lorsque votre employeur et vous accumulez des prestations dans certains régimes de retraite, le calcul de vos nouveaux droits REER tient compte de cette épargne. C’est pourquoi deux personnes ayant le même salaire peuvent ne pas disposer du même maximum déductible.

Pour une personne salariée qui bénéficie d’un régime de retraite généreux, il vaut donc la peine de regarder l’ensemble du portrait avant d’ajouter automatiquement des cotisations REER.

À l’inverse, une personne qui n’a aucun régime de retraite offert par son employeur, comme plusieurs travailleurs autonomes, devra peut-être accorder encore plus d’attention à sa propre stratégie d’épargne à long terme.

Le principe reste le même : ne choisissez pas un compte uniquement parce que son acronyme revient souvent pendant la saison des impôts.

À 71 ans, que devient le REER?

Le REER n’est pas conçu pour rester indéfiniment dans sa forme originale.

Au plus tard le 31 décembre de l’année où vous atteignez 71 ans, il faut choisir quoi faire avec votre REER. Les principales options sont de retirer les fonds, de les transférer dans un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) ou d’utiliser les fonds pour acheter une rente.

Le FERR permet ensuite de convertir progressivement l’épargne accumulée en revenu de retraite. À partir de l’année suivant son établissement, un montant minimal doit généralement être retiré chaque année. Ces paiements sont imposables.

La logique fiscale du REER apparaît alors clairement : on obtient une déduction lorsqu’on cotise, puis les sommes sont imposées lorsqu’elles sont retirées.

La stratégie peut être avantageuse lorsqu’une personne déduit ses cotisations pendant des années où son taux d’imposition est plus élevé et retire ensuite l’argent pendant des années où son revenu imposable est plus faible.

Mais, comme le souligne l’épisode, tout le monde n’a pas nécessairement moins de revenus à la retraite. Certaines personnes bénéficient de régimes de pension importants. D’où l’intérêt de faire une projection plutôt que de présumer que la retraite signifie automatiquement une forte diminution de revenus.

Alors, CELI ou REER?

Il n’existe pas de réponse universelle, mais quelques questions peuvent déjà orienter la réflexion.

Vous voulez conserver de la flexibilité?
Le CELI permet des retraits non imposables et les sommes retirées recréent des droits de cotisation l’année suivante.

Votre revenu imposable est élevé et vous épargnez pour votre retraite?
La déduction offerte par le REER peut devenir particulièrement intéressante.

Votre revenu actuel est relativement faible?
Il peut être pertinent d’évaluer si une déduction REER aujourd’hui procure réellement l’avantage recherché ou si le CELI convient mieux à votre situation.

Vous avez déjà un excellent régime de retraite au travail?
Regardez votre portrait global, votre facteur d’équivalence et votre revenu anticipé à la retraite avant de cotiser davantage.

Vous venez d’arriver au Canada?
Ne présumez surtout pas que votre espace CELI remonte jusqu’en 2009. Vos années de résidence comptent dans le calcul.

Dans tous les cas, vérifiez vos droits personnels plutôt que de vous fier uniquement à un plafond annuel entendu dans une publicité ou dans une conversation.

En chiffres : quelques repères pour 2026

Repère

2026

Plafond annuel du CELI

7 000 $

Plafond annuel général du REER

33 810 $*

Date limite des cotisations REER déductibles pour l’année fiscale 2025

2 mars 2026

Dernière année pour cotiser à son propre REER

Année où l’on atteint 71 ans

* Le montant qu’une personne peut réellement cotiser et déduire dépend de ses droits personnels et ne correspond pas nécessairement au plafond général.

Questions fréquentes sur le CELI et le REER

Quelle est la principale différence entre un CELI et un REER?

Les cotisations au CELI ne donnent généralement pas de déduction fiscale, mais les retraits sont non imposables. Les cotisations REER admissibles peuvent réduire le revenu imposable, tandis que les retraits sont généralement imposables.

Puis-je avoir plusieurs CELI?

Oui. Vous pouvez détenir plusieurs CELI auprès de différentes institutions. Toutefois, vos droits de cotisation sont communs à l’ensemble de vos CELI. Ouvrir trois comptes ne triple donc pas votre plafond.

Puis-je retirer de mon CELI et remettre l’argent la même année?

Seulement si vous disposez encore de suffisamment de droits de cotisation inutilisés. Le montant retiré lui-même ne recrée des droits qu’au début de l’année civile suivante.

Est-ce que je peux retirer mon REER avant la retraite?

Oui, mais un retrait ordinaire est généralement imposable. Une retenue d’impôt est habituellement effectuée par l’institution financière, et le retrait doit être déclaré comme revenu.

Un nouvel arrivant de 40 ans obtient-il tous les droits CELI depuis 2009?

Non. Pour une personne nouvellement résidente du Canada, les droits CELI commencent à s’accumuler à partir de l’année où elle devient résidente du Canada, à condition d’être âgée d’au moins 18 ans.

Est-ce que cotiser au REER garantit un remboursement d’impôt?

Non. Une cotisation REER admissible peut réduire votre revenu imposable. Le résultat final dépend toutefois de l’ensemble de votre déclaration de revenus, des impôts déjà retenus et des autres éléments de votre situation fiscale.

À retenir

  • Le CELI offre surtout de la souplesse : croissance à l’abri de l’impôt et retraits généralement non imposables.

  • Le REER vise principalement l’épargne-retraite et permet de reporter l’imposition d’une partie du revenu.

  • Retirer d’un CELI ne recrée pas automatiquement des droits de cotisation pendant la même année.

  • Pour un nouvel arrivant, les droits CELI ne remontent pas aux années précédant sa résidence au Canada.

  • Un régime de retraite fourni par l’employeur peut influencer les droits de cotisation au REER.

  • Le meilleur choix dépend du revenu, de l’horizon de placement, des projets et du besoin d’avoir accès à l’argent.

CELI ou REER? Au fond, la bonne question n’est peut-être pas « lequel est meilleur? », mais plutôt « lequel correspond le mieux à ce que je veux faire avec cet argent? »

Une épargne destinée au prochain frigo n’a pas le même rôle qu’une épargne prévue pour les prochaines décennies.

Pour entendre les exemples, les échanges et les petites pointes d’humour qui rendent ces notions beaucoup moins intimidantes, écoutez l’épisode complet de Balado ÉDI.

Les renseignements présentés sont de nature générale et éducative. Les règles fiscales peuvent évoluer et la situation de chaque personne est différente. Pour une décision adaptée à votre situation, vérifiez les données auprès des autorités fiscales ou d’une personne qualifiée.

Le saviez-vous ?

Tougher : Tougher (prononcé 'toffer') signifie endurer, résister ou tenir le coup face à une situation difficile. Par exemple, 'tougher la brise' veut dire résister à une épreuve. L'expression 'il a toughé' signifie qu'il a tenu bon malgré la difficulté. C'est un anglicisme familier du français québécois.

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