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ÉDI-S3E2 | Halloween au Québec : traditions, sécurité et inclusion
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Imaginez : il est un peu plus de 17 h, le soleil commence à disparaître, des citrouilles illuminent les entrées et une petite princesse marche dans la rue avec son manteau d’hiver caché sous sa robe. Derrière elle, un ninja transporte un sac déjà rempli de bonbons. Une maison est décorée de la tête aux pieds, tandis que celle d’à côté est complètement plongée dans le noir.

Quand on vit sa première Halloween au Québec, une question peut rapidement surgir : comment ça fonctionne exactement?

L’Halloween occupe une place importante dans plusieurs quartiers, écoles, garderies et même certains milieux de travail. Pourtant, ses petits codes ne sont pas nécessairement évidents lorsqu’on découvre cette tradition pour la première fois.

Dans cet épisode de Balado ÉDI, Suzy et Marie-Ève remontent aux origines de l’Halloween, expliquent comment se déroule la collecte de bonbons et abordent surtout une dimension essentielle : comment participer à cette fête avec plaisir, sécurité et sensibilité envers les différentes réalités culturelles.

Des récoltes aux citrouilles : une tradition qui a beaucoup évolué

Avant les costumes de superhéros et les sacs remplis de friandises, l’Halloween était liée au changement de saison et à la fin des récoltes.

Dans l’épisode, Marie-Ève rappelle que ses origines remontent à une ancienne fête celtique. Le passage de la saison claire à la saison sombre représentait un moment important de l’année. On remerciait pour les récoltes et différentes traditions étaient associées aux esprits, à la protection des maisons et aux grands feux.

Les décorations avaient alors une fonction bien différente de celles que l’on connaît aujourd’hui.

Des légumes comme des navets ou des pommes de terre pouvaient être sculptés. Avec le temps, la citrouille a pris leur place. Et il faut reconnaître qu’une grosse citrouille est probablement plus coopérative lorsqu’arrive le moment de lui découper un sourire.

La fête a continué d’évoluer au fil des générations. Aujourd’hui, au Québec, elle est surtout associée aux enfants, aux déguisements, aux décorations et, évidemment, aux bonbons.

Une fête qui s’est installée progressivement au Québec

L’Halloween n’a pas toujours été célébrée de la même manière partout au Québec.

Marie-Ève raconte que la tradition s’est d’abord répandue davantage dans les communautés anglophones, notamment sous l’influence des immigrants irlandais et écossais.

Dans plusieurs familles canadiennes-françaises, d’autres traditions occupaient davantage de place. Elle donne l’exemple de son père, né dans un petit village rural, qui participait plutôt au Mardi gras lorsqu’il était enfant.

À cette occasion, les enfants pouvaient aller de maison en maison pour recueillir des ingrédients comme des œufs, de la farine ou du sucre afin de préparer des galettes et des sucreries avant le début du carême.

Avec les années, l’Halloween s’est toutefois largement installée dans les habitudes québécoises.

Les enfants qui l’ont vécue en grandissant sont devenus des parents, des enseignants, des collègues et des voisins qui continuent aujourd’hui à faire vivre la tradition.

Voilà aussi pourquoi il n’est pas rare de croiser des adultes costumés. L’Halloween n’est pas uniquement une affaire d’enfants. Dans certains milieux de travail, les collègues se déguisent eux aussi, parfois avec beaucoup plus d’enthousiasme que prévu.

Sorcière, panda ou Spider-Man : chacun peut participer à sa façon

Quand on pense à l’Halloween, les images de fantômes, de sorcières et de zombies viennent rapidement en tête.

Mais rien n’oblige à choisir un costume effrayant.

Dans l’épisode, Suzy et Marie-Ève passent des zombies aux licornes, des ninjas aux princesses, sans oublier les nombreux Spider-Man qui apparaissent chaque année.

L’idée est surtout de s’amuser.

Cette précision est particulièrement importante pour les familles qui ne sont pas à l’aise avec certains symboles associés à l’Halloween. Pour des raisons personnelles, culturelles ou religieuses, certaines personnes peuvent préférer éviter les références aux esprits, aux morts ou aux sorcières.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’un enfant doit être complètement exclu de la fête.

Un costume peut être drôle, coloré ou inspiré d’un personnage aimé. Un simple chapeau, un maquillage ou un petit accessoire peut aussi suffire.

Comme le rappellent les animatrices, chacun peut participer à la hauteur avec laquelle il est confortable.

Quand votre enfant veut participer même si vous hésitez

Pour certains parents nouvellement arrivés, l’Halloween peut représenter un véritable choc culturel.

La fête n’existe peut-être pas dans leur pays d’origine, ou elle peut y avoir une signification complètement différente. Pourtant, leur enfant commence rapidement à entendre parler de costumes, de citrouilles et de bonbons à l’école ou à la garderie.

Marie-Ève raconte notamment que l’enseignante de maternelle de son enfant avait préparé un grand chaudron et des activités spéciales autour de l’Halloween.

Pour un enfant, voir ses camarades participer peut naturellement créer l’envie de faire partie de la fête.

Cela ne signifie pas qu’un parent doit automatiquement tout accepter. Chaque famille peut déterminer ce qui correspond à ses valeurs et à son niveau de confort.

Mais comprendre pourquoi l’enfant souhaite participer peut faciliter la discussion.

Il existe aussi plusieurs façons de prendre part à l’Halloween. Une famille peut décorer une citrouille sans faire la collecte de bonbons. Elle peut choisir un costume très simple. Elle peut participer à une activité organisée dans sa municipalité ou simplement accompagner les enfants dans le quartier.

Découvrir une tradition ne signifie pas devoir l’adopter entièrement.

Maison éclairée ou maison sombre : un code à connaître

Voici probablement l’un des codes les plus utiles pour une première Halloween au Québec.

On ne frappe généralement pas à toutes les portes.

Une maison décorée et éclairée indique habituellement que ses occupants participent à l’Halloween et qu’ils sont prêts à accueillir les enfants.

À l’inverse, une maison sans décoration et plongée dans le noir signifie généralement que les personnes qui y vivent ne souhaitent pas participer.

Il faut alors simplement continuer son chemin.

Autre situation fréquente : une maison est décorée, mais les lumières s’éteignent pendant la soirée.

Le message est souvent très simple : il n’y a plus de bonbons.

Pas besoin d’insister, de sonner trois fois ou de vérifier si quelqu’un se cache derrière le rideau. On passe à la prochaine maison.

Lorsque les enfants arrivent à une porte, ils restent généralement à l’extérieur, sur le perron ou près de l’entrée. On n’entre pas dans la maison.

La collecte devient ainsi une succession de petites rencontres avec les voisins.

Et c’est justement l’un des aspects que Suzy apprécie de la fête : l’Halloween offre une occasion inhabituelle d’aller saluer des personnes du voisinage que l’on croise parfois toute l’année sans vraiment leur parler.

Une décoration peut être amusante pour l’un et difficile pour l’autre

L’Halloween laisse beaucoup de place à l’imagination.

Certaines personnes installent quelques citrouilles et de petites lumières. D’autres transforment pratiquement leur terrain en décor de film d’horreur.

C’est ici que l’épisode fait un lien particulièrement intéressant avec l’inclusion et le rapprochement interculturel.

Suzy invite les gens à réfléchir à la façon dont certaines décorations peuvent être perçues par leurs voisins.

Des représentations très réalistes de corps blessés, de personnages pendus ou de scènes sanglantes peuvent être amusantes pour certains, mais extrêmement difficiles pour d’autres.

Une personne ayant vécu la guerre, la violence ou un traumatisme peut évidemment réagir différemment à ce type d’images.

L’objectif n’est pas d’interdire les décorations d’Halloween.

Suzy raconte elle-même avoir choisi de continuer à décorer sa maison, mais d’une manière un peu plus douce après avoir mieux connu son voisinage.

Voilà une belle façon de penser l’inclusion : conserver une tradition que l’on apprécie tout en restant attentif à la réalité des personnes qui nous entourent.

Le costume parfait doit parfois cacher un manteau

L’Halloween au Québec comporte une variable particulièrement imprévisible : la météo.

Marie-Ève raconte avoir déjà célébré l’Halloween en chandail léger, mais aussi avec un habit d’hiver sous son costume.

Autrement dit, le costume de princesse doit parfois être assez grand pour accueillir un manteau.

Avant de choisir un déguisement, il vaut donc mieux penser à la température du 31 octobre. S’il fait froid ou s’il pleut, les vêtements doivent pouvoir être adaptés.

La visibilité est également importante.

Les animatrices recommandent des couleurs visibles, des bandes réfléchissantes ou un accessoire lumineux permettant aux automobilistes de mieux voir les enfants lorsqu’ils circulent dans les rues.

Suzy montre même dans l’épisode un accessoire lumineux utilisé par son fils.

Un déguisement entièrement noir peut être très réussi, mais dans une rue sombre, une petite lumière devient rapidement un excellent compagnon.

Passer l’Halloween en groupe et rester prudent

L’excitation peut monter rapidement lorsque les enfants voient une maison remplie de décorations de l’autre côté de la rue.

Mais les règles habituelles de prudence restent importantes.

Dans l’épisode, les animatrices recommandent aux enfants de circuler accompagnés d’un adulte, particulièrement lorsqu’ils sont jeunes.

La collecte se fait aussi souvent en groupe.

On reste ensemble, on fait attention aux véhicules et on évite surtout d’entrer dans les maisons.

Suzy mentionne également qu’il est fréquent de voir davantage de surveillance dans les quartiers pendant la soirée et que plusieurs municipalités organisent leurs propres activités.

Il peut donc être utile de consulter le site de sa ville ou de sa municipalité dans les jours précédant l’Halloween.

Certaines proposent des événements spéciaux, des activités familiales ou des secteurs particulièrement animés.

À quelle heure passe-t-on l’Halloween?

Il n’existe pas une heure universelle pour commencer la collecte, mais l’épisode donne un bon repère.

Les premiers enfants peuvent commencer à circuler après le souper, autour de 17 h.

L’activité se poursuit généralement pendant quelques heures.

Vers 19 h 30 ou 20 h, la collecte commence habituellement à ralentir, notamment parce que plusieurs jeunes enfants doivent rentrer à la maison.

Quelques adolescents peuvent toutefois passer plus tard.

Et sur ce point, Suzy défend une position plutôt sympathique : même si l’Halloween est souvent présentée comme une fête pour les enfants, un adolescent qui se déguise et participe positivement à la fête peut lui aussi avoir droit à ses bonbons.

Après tout, les bonbons ne vérifient pas l’âge avant de se laisser manger.

Le retour à la maison : place au tri des bonbons

Le sac est plein. Les enfants sont fatigués. Le costume commence probablement à tenir avec une seule épingle.

Mais avant la grande dégustation, vient le moment du tri.

Suzy et Marie-Ève recommandent aux parents de vider le sac avec les enfants et de vérifier les friandises.

Les emballages ouverts, déchirés ou qui semblent suspects sont mis de côté.

Les familles doivent aussi tenir compte des allergies alimentaires.

Pour les très jeunes enfants, certains gros bonbons ronds ou durs peuvent également être retirés.

Et comme le fait remarquer Suzy avec humour, ces bonbons peuvent parfois trouver une deuxième vie auprès de maman ou papa.

Participer sans avoir besoin d’un costume compliqué

Une autre bonne nouvelle : participer à l’Halloween ne demande pas nécessairement un gros budget.

Pas besoin d’un costume spectaculaire acheté spécialement pour l’occasion.

Un chapeau, un masque, un peu de maquillage ou même des accessoires amusants peuvent suffire.

Marie-Ève mentionne par exemple une simple paire de boucles d’oreilles avec des squelettes.

L’important est davantage de faire un petit clin d’œil à la fête que de gagner un concours de costumes.

Pour une famille qui découvre l’Halloween, cette simplicité peut rendre la première expérience beaucoup plus facile.

Une tradition à découvrir à son propre rythme

L’Halloween au Québec est à la fois une fête de quartier, une activité familiale et un moment où les enfants peuvent devenir princesse, sorcière, ninja ou superhéros pendant quelques heures.

Pour une personne nouvellement arrivée, il n’est pas nécessaire de connaître tous les codes immédiatement.

Quelques repères suffisent : visiter les maisons décorées et éclairées, adapter les vêtements à la température, rester visible, accompagner les enfants et vérifier les bonbons au retour.

Mais l’épisode rappelle aussi quelque chose de plus large.

L’inclusion fonctionne dans les deux sens. Une personne qui découvre une tradition peut chercher à comprendre les codes de sa nouvelle société. Et celles et ceux qui connaissent déjà cette tradition peuvent aussi réfléchir à la manière de la rendre accueillante pour des voisins ayant des expériences et des sensibilités différentes.

On peut donc participer beaucoup, un peu ou pas du tout.

L’essentiel est de comprendre la tradition, de respecter les choix des autres et, pour ceux qui décident de se joindre à la fête, de passer une belle soirée.

Pour entendre les anecdotes complètes de Suzy et Marie-Ève et découvrir leur façon bien personnelle de vivre l’Halloween au Québec, écoutez l’épisode complet de Balado ÉDI.

Questions fréquentes sur l’Halloween au Québec

À quelle heure les enfants passent-ils l’Halloween au Québec?

Dans l’épisode, les animatrices indiquent que la collecte commence souvent autour de 17 h et ralentit généralement vers 19 h 30 ou 20 h. Cela peut toutefois varier selon le quartier et les activités organisées localement.

Comment savoir si une maison distribue des bonbons?

Une maison décorée et éclairée indique généralement que ses occupants participent. Une maison complètement sombre signifie habituellement qu’il vaut mieux continuer son chemin.

Que signifie une maison décorée dont les lumières sont éteintes?

Pendant la soirée, cela peut simplement vouloir dire que les occupants n’ont plus de bonbons à distribuer.

Est-on obligé de célébrer l’Halloween au Québec?

Non. Chaque famille peut décider de participer ou non, selon ses valeurs et son niveau de confort.

Comment habiller un enfant pour passer l’Halloween?

Le costume doit être adapté à la météo. Il est préférable de pouvoir ajouter un manteau ou des vêtements chauds au besoin et de prévoir un élément visible ou lumineux.

Faut-il vérifier les bonbons après la collecte?

Oui. Les animatrices recommandent de vérifier les emballages, d’écarter les friandises ouvertes ou endommagées et de tenir compte des allergies et de l’âge des enfants.

À retenir

  • Une maison décorée et éclairée accueille généralement les enfants.

  • Une maison sombre est habituellement un signe qu’il ne faut pas sonner.

  • Le costume doit pouvoir être adapté à la température.

  • Un accessoire lumineux ou réfléchissant aide les enfants à rester visibles.

  • Les jeunes enfants devraient passer l’Halloween accompagnés et rester à l’extérieur des maisons.

  • Les bonbons doivent être vérifiés au retour, particulièrement en présence d’allergies.

  • Il est possible de participer à l’Halloween de façon simple et selon son niveau de confort.

  • Une décoration inclusive tient aussi compte des différentes sensibilités culturelles et expériences de vie.

Le saviez-vous ?

casser : Mettre fin à une relation amoureuse, rompre. Verbe très courant dans le registre familier québécois pour désigner une séparation de couple. Équivalent de « rompre » ou « se séparer » dans un registre plus soutenu. Neutre du point de vue affectif.

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